Pratiques violentes, jeux dangereux, harcèlement, bullying

La loi sur la Refondation de l’Ecole prévoit que la lutte contre toutes les formes de harcèlement constitue une priorité pour chaque établissement d’enseignement scolaire.
Le harcèlement se caractérise par l’usage répété de la violence physique, de moqueries et autres humiliations entre élèves, dont une nouvelle variante particulièrement redoutable repose sur l’usage d’internet et des nouvelles technologies de communication.
"Agir contre le harcèlement à l’École"

Quatre axes d’action pour lutter contre le harcèlement en milieu scolaire :
• connaître et faire connaître le harcèlement
• faire de la prévention du harcèlement à l’École l’affaire de tous
• former les équipes éducatives et expérimenter des programmes de prévention
• traiter les cas de harcèlement avéré

Deux guides pratiques à l’attention de la communauté éducative et des équipes pédagogiques :
- Le harcèlement entre élèves : le reconnaître, le prévenir, le traiter vise à sensibiliser l’ensemble des membres de la communauté éducative au harcèlement entre élèves et à ses conséquences.
- Le Guide pratique pour lutter contre le cyber-harcèlement entre élèves est la mise en pratique du partenariat entre le ministère de l’éducation nationale et l’association e-Enfance. Ce guide, qui a reçu le soutien de Facebook, a vocation à rappeler ce qu’est un usage d’Internet responsable. Il doit permettre au niveau des écoles de ne plus laisser sans réponse les cas de cyber-harcèlement entre élèves.

Le devoir de surveillance

Lʼinstitution scolaire assume la responsabilité des élèves qui lui sont confiés. Pour lʼécole primaire, la circulaire n° 97-178 rappelle que le devoir de surveillance incombe aux directeurs dʼécole et aux enseignants. Pour les collèges, lʼobligation de surveillance est précisée dans la circulaire n° 96-248 du 25 octobre 1996. Ces textes rappellent, en particulier, lʼattention qui doit être portée aux moments où les élèves ne sont pas en classe, pendant les récréations et les interclasses.

Les « jeux » contraints
Lʼenfant qui subit la violence du groupe nʼa pas choisi de participer. Il est clairement identifié comme une victime puisquʼil nʼa pas donné son consentement. Le « happy slapping », en français « joyeuses claques » : il sʼagit dʼune pratique consistant à filmer, à lʼaide de son téléphone portable, une agression perpétrée par surprise, puis de procéder à la diffusion de ces images. Cette pratique, outre les violences physiques, vise également à porter atteinte à la dignité et à lʼimage de la victime.
Conséquences physiques et psychologiques
Les victimes de ces jeux peuvent présenter des manifestations psycho-traumatiques ainsi que des symptômes anxiodépressifs susceptibles dʼévoluer vers lʼapparition dʼune phobie scolaire, de pensées suicidaires, avec parfois des passages à lʼacte.
Facteurs associés
Il existe peu de travaux portant sur les enfants agresseurs et sur les enfants victimes de ces « jeux ». Toutefois, plusieurs études ont permis de confirmer certaines caractéristiques, quʼil sʼagisse des victimes et/ou des agresseurs.

Les victimes
Ce sont généralement des enfants anxieux, timides, soumis,qui apparaissent comme des proies faciles. Ils ne se défendent pas et deviennent très rapidement des boucs émissaires. Dʼautres victimes, à lʼinverse, ne sont pas timides mais possèdent certaines qualités, sur le plan physique, scolaire, socio- économique..., qui peuvent attiser la jalousie et lʼexcitation. Elles peuvent aussi se présenter comme provocatrices.

Les agresseurs
Dans leur très grande majorité, il sʼagit surtout de garçons. Les filles peuvent, elles aussi, exercer une violence, même si celle- ci se manifeste surtout sur le plan psychologique ou émotionnel. Parmi ces agresseurs, on peut distinguer deux profils : les agresseurs actifs et les agresseurs passifs.
- Les agresseurs actifs et/ou initiateurs, sont décrits comme des enfants dominateurs et charismatiques qui présentent parfois un trouble du comportement antisocial se traduisant par de fréquentes attitudes transgressives et violentes. Ce sont des enfants souvent repérés comme ayant un fort besoin de sensations fortes, une grande impulsivité, une tendance à sʼemporter.
- Les agresseurs passifs ne présentent pas de telles caractéristiques. Ils sont surtout entraînés par lʼeffet de groupe qui les pousse à devenir violents sous le regard de leurs camarades et du leader charismatique. Certains dʼentre eux peuvent présenter un profil de personnalité dépendante, manquant dʼassurance. Dès lors, la peur de représailles peut sʼavérer particulièrement efficace sur ces jeunes.

Refuser l’oppression quotidienne : la prévention du harcèlement à l’École
- Rapport d’Éric Debarbieux, Observatoire international de la violence à l’École (2011)