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CA AEFE : Déclaration de la FAPEE

CA AEFE : Déclaration de la FAPEE

Suite à l’annonce majeure du Président de la République de doubler les effectifs du réseau, la FAPEE a saisi cette opportunité pour élaborer 50 propositions concrètes, issues de constats faits depuis longtemps, pour enfin voir naître une ambition et une stratégie pour l’avenir de l’enseignement français à l’étranger.
Nous avons été plusieurs fois auditionnés. Nous avons rencontré plusieurs fois des hauts fonctionnaires qui travaillent sur la réforme de l’AEFE. Mais force est de constater que nous n’avons toujours pas été associés, ni à la définition des objectifs stratégiques, ni à une réflexion approfondie sur les moyens à mettre en œuvre.
Nous dénonçons une méthode de travail qui n’associe pas les parents d’élèves à la concertation et qui reporte toujours à plus tard les échanges. Des assurances nous ont été données que nous allions être entendus mais allons-nous être écoutés alors que les arbitrages au plus haut niveau auront été faits ?
Mais comment s’étonner de telles pratiques alors même que des informations essentielles ne sont pas communiquées aux administrateurs comme le souligne le rapport Delahaye et Féraud ? Pourquoi les données analytiques ne sont-elles pas fournies spontanément aux administrateurs ? Pourquoi les administrateurs n’ont-ils pas eu connaissance des propositions élaborées par le groupe de travail interministériel et du rapport conjoint de l’IGAE et de l’IGAENR ?
Les familles sont inquiètes. Dans cette période où les annonces sont certes spectaculaires, il n’y a pour nous, parents d’élèves, que de substantielles augmentations de frais de scolarité, notamment dans les EGD, et des remplacements de personnels détachés par des personnels locaux à l’entière charge des établissements.
Les familles ont besoin de visibilité et d’assurance qu’elles ont eu raison de faire le choix de l’enseignement français : scolariser un enfant dans le réseau est un engagement sur 15 ans. Le contrat éducatif que l’AEFE passe avec elles doit les assurer, qu’à moyens financiers constants, elles pourront y arriver.
Le calendrier très serré de la réforme du bac et sa mise en œuvre précipitée dans les établissements ajoute à l’inquiétude générale.
Dans nombre d’établissements, on enregistre des pertes d’élèves, qui, hors contexte économique, sont souvent dues à des décisions pédagogiques malheureuses, notamment sur la politique des langues qui ne tient pas assez compte du contexte local. Elles font renoncer les familles alors que des établissements concurrents sont à l’affût.
Et pour rajouter à cela, la récente annonce du Premier Ministre dans le cadre des Rencontres universitaires de la francophonie sur un décuplement des frais de scolarité dans l’enseignement supérieur pour les étudiants non-européens met encore davantage les parents sous tension. A ce sujet, nous demandons instamment à la tutelle d’obtenir un traitement identique pour les étudiants européens et les étudiants non-européens issus du réseau, à défaut de renoncer au principe universaliste qui était celui de l’université française jusqu’ici.
Concernant le budget, nous constatons que malgré les fermetures de postes et l’augmentation de la PFC que nous avions dénoncées, le déficit s’accentue et les prévisions pour 2018 se sont avérées trop optimistes. A quoi est-ce dû ? il est urgent de comprendre les raisons d’un tel résultat pour anticiper un peu l’avenir et agir pour mieux s’y préparer. Cette analyse fine nous permettrait d’avoir des prévisions un peu plus fiables. Les tensions sur la trésorerie sont préoccupantes. Être contraint à demander aux établissements d’effectuer leurs remontées par anticipation n’est pas soutenable et dangereux.
Dans tous les cas, et ce sera ma conclusion, il est évident qu’en l’absence d’une contribution de l’Etat suffisante et adaptée, le réseau n’a ni les moyens de ses ambitions ni la capacité de gérer correctement ses contraintes financières.
Je vous remercie de votre attention.
François Normant
Président de la FAPEE

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